Box Internet et décodeur TV : une consommation électrique excessive

etude_sia_box Le profil de consommation d’électricité des particuliers est en constante évolution. Récemment, les appareils électroniques se sont multipliés dans les foyers : cadres photos électroniques, lapins communicants, appareils domotiques, chargeurs de portables, etc. La facture « informatique et audiovisuel » d’un foyer français, estimée à 300 € annuels par l’Ademe en 2007, a plus que quadruplé en 10 ans. L’explosion de la consommation est principalement

due aux écrans plasma ou LCD et aux consoles de jeu, suivis par les box Internet et les décodeurs TV.

Dans cet article, Sia Partners s’est plus particulièrement intéressé aux box et décodeurs. En effet, même s’ils ne sont pas les plus consommateurs en énergie, la grande majorité des clients les laissent allumés en permanence. Cependant, des solutions émergent actuellement pour réduire leur impact écologique.

Des appareils gourmands en énergie

Les box Internet et les décodeurs TV sont de plus en plus présents dans les foyers, notamment grâce aux offres « triple play » (Internet, télévision et téléphone). Or, les boîtiers ont une consommation électrique élevée, et ce quelque soit le Fournisseur d’Accès à Internet (FAI). D’après une enquête publiée fin 2007(1), ils consomment en moyenne plus de 9W en veille et presque 10W en fonctionnement. Une autre étude(2), parue en juillet 2008, établissait la puissance moyenne des box Internet autour de 9W. A titre de comparaison, la consommation d’une box représente plus de la moitié de celle d’un réfrigérateur-congélateur familial récent. Pour les décodeurs TV, la puissance moyenne est de 8,5W en veille et supérieure à 10W en fonctionnement (voire 21 W pour les modèles disposant d’un disque dur).

On constate surtout que les boîtiers consomment presque autant en veille qu’en fonctionnement. Ainsi, pour une utilisation d’Internet 3h par jour et de la télévision 4h par jour, la consommation annuelle est en moyenne de 165 kWh par foyer. Cela se traduit par une augmentation de 18 € sur la facture d’électricité annuelle. Si elle est coûteuse pour l’abonné, la facture l’est aussi pour l’environnement : à l’échelle nationale, les box et décodeurs consommaient en 2007 1,5 milliard de kWh par an, soit 2 mois et demi de production d’un réacteur nucléaire.

Des normes européennes à venir

Au niveau Européen, la consommation électrique des box Internet s’inscrit dans la problématique plus globale de la consommation en veille des appareils électriques. L’Union Européenne a adopté fin 2008 un règlement pour la réduire : à partir de 2010, celle-ci devra être inférieure à 1 ou 2 watts selon le type d’appareil. Ces seuils seront ensuite divisés par 2 en 2013(3). Cette mesure pourrait entraîner une baisse conséquente de la consommation des box et décodeurs, à condition que la mise en veille soit utilisée…
Mais la plupart des utilisateurs laissent les deux boîtiers allumés 24h/24 : la durée moyenne journalière de fonctionnement des « box » est de 21 heures par jour. 72% des box fonctionnent en permanence et 11% sont allumées pendant au moins la moitié du temps (2).
A l’heure actuelle, la mise en veille des box Internet et des décodeurs TV ne génère que peu d’économies d’énergie car les boîtiers consomment presque autant en veille qu’en fonctionnement. La mise en application de la nouvelle norme européenne pourrait changer la donne : si la consommation en veille des appareils passait effectivement sous les 2 W, il deviendrait intéressant de réduire leur temps de fonctionnement.

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Vers des appareils programmables ?

Dans la plupart des foyers, les horaires de présence au domicile sont réguliers, ce qui permet d’envisager la programmation des box pour qu’elles s’éteignent et se rallument à heure fixe. Notons que pour une dizaine d’euros, il est déjà possible de se procurer un programmateur qui se branche à même la prise. Il permet d’éteindre et de remettre sous tension aux heures souhaitées les appareils raccordés. Dans le cas des box Internet, un tel appareil peut être rentabilisé en une année…

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D’autres innovations sont envisageables. En particulier, l’intégration de nouvelles fonctionnalités directement dans les boîtiers permettrait de les rendre programmables à partir de l’ordinateur du client (voire de son téléphone portable). Un système basique consisterait à allumer et éteindre la box Internet en même temps que l’ordinateur ; de même pour le décodeur qui serait dépendant de la télévision. La mise en veille après une certaine durée d’inactivité est également possible. Cependant, certaines contraintes sont à prendre en compte : par exemple, la ligne fixe doit rester opérationnelle pour que les utilisateurs soient joignables. Ces solutions, plus ou moins évoluées, pourraient voir les jour sous réserve que les FAI décident de s’impliquer.

Une opportunité pour les FAI ?

Dans le secteur fortement concurrentiel de la fourniture d’accès à Internet, la communication est très peu axée sur l’environnement, ce qui est notable à une époque où le marketing ne jure que par le vert. Il faut dire que le respect de l’environnement ne constitue pas vraiment un critère de choix dans le secteur de le téléphonie et d’Internet (4).

Néanmoins, Orange vient par exemple de lancer une nouvelle version de sa Livebox dont la consommation est réduite de 30% par rapport à 2007 (d’après France Telecom R&D) et surtout qui respecte la nouvelle norme européenne sur la consommation en veille. Petit plus : un interrupteur permet d’éteindre le boîtier (ce qui est loin d’être le cas sur toutes les box du marché) et une touche permet de désactiver le WiFi.

Jouer sur l’image « verte » pourrait ainsi constituer un atout. Mais pour se démarquer, il faudra aller au-delà du simple respect de la réglementation. Dans ce contexte, le lancement d’appareils programmables, sur lesquels certains opérateurs travaillent, apparaît comme une opportunité.

D’importantes économies financières et d’énergie à la clé

Dans l’hypothèse où la consommation en veille des appareils était limitée à 2W, les économies d’énergie réalisables seraient conséquentes sans qu’il soit nécessaire d’éteindre complètement les appareils. Par exemple, pour un client qui laissait allumés en permanence sa box et son décodeur, le fait de les mettre en veille 20h par jour lui fait économiser 14 € par an (5). Au niveau national, on estime qu’environ 11 millions de particuliers laissent leurs appareils fonctionner 24h/24 (6). Leur mise en veille 12h par jour permettrait d’économiser sur un an environ 600 GWh (soit un mois de fonctionnement d’un réacteur nucléaire) ce qui correspond à 65 millions d’euros sur les factures d’électricité de ces abonnés. Pour une mise en veille 20h par jour, l’économie serait de 1 TWh soit plus de 100 millions d’euros économisés sur les factures.

Sia Partners, 2009

« Pour plus d’information sur l’énergie et le développement durable, nous vous conseillons de consulter le blog « Energie & Environnement de Sia Partners. »

Notes :
(1) Enquête publiée dans le magazine « 60 Millions de consommateurs », édité par l’Institut national de la consommation (INC)
(2) Etude réalisée par Enertech : http://www.enertech.fr/docs/Remodece_rapport_final.pdf
(3) D’après Bruxelles, cette réglementation permettra d’économiser 30 TWh par an, soit la consommation annuelle totale de la Hongrie !
(4) Les critères généralement donnés dans les études sont la qualité du service, le prix et les services associés.
(5) Sur une facture d’électricité annuelle de 20 € environ correspondant à la consommation de la box et du décodeur.
(6) NB : sur ces 11 millions de clients, tous n’ont pas de décodeur TV, ce qui réduit le potentiel d’économie moyen.


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