Les mobinautes ont la santé !

Cet article a permis à son auteur Thomas Bauer, ESIEE, d’obtenir le prix « coup de coeur des internautes » lors du Concours étudiant Génération mobilité, organisé par Sia Conseil et OrangeLe téléphone mobile et ses applications transforment nos façons de fonctionner, de consommer et nos relations avec notre entourage. Avec la désertification médicale, l’augmentation des maladies chroniques1 et le vieillissement de la population, la santé est mise au cœur des préoccupations majeures des citoyens.

Avec plus de 17.000 applications mobiles dans le domaine de la santé en 2011, on estime à 500 millions le nombre de mobinautes utilisateurs de ces applications en 20152. Une nouvelle ère s’installe où des plateformes mobiles innovantes réinventeront le rapport entre patients et médecins. Dans un contexte difficile dû à la vague de déremboursement des médicaments par la Sécurité Sociale, les processus d’autonomisation du patient vis-à-vis des médecins généralistes et d’automédication prennent de l’ampleur3.

Une (r)évolution

Le monde de la santé commence tout juste à prendre la pleine mesure du phénomène. Le Smartphone sera l’outil précurseur de cette (r)évolution. Déjà présenté comme « un couteau suisse », il se transformera en véritable trousse à outils : stéthoscope, tensiomètre, oxymètre, etc. Il sera capable de compléter la trousse des premiers secours classique et, dans certains cas d’urgence (agression, accident, malaise…), de palier à l’absence des outils médicaux traditionnels. La promotion d’une bonne hygiène de vie, la prévention contre les méfaits du tabac ou de l’alcool et même le lancement de produits novateurs (principalement de type OTC4) investiront également Internet et le Smartphone. Ce phénomène permettra de mieux cibler les communications des instances de santé publique, des professionnels de la santé, ou des laboratoires pharmaceutiques. Les avantages du mobile (disponibilité, sociabilité et mobilité) se combineront ainsi aux atouts du web multitâche, multi-écran et multicanal au service de notre santé.


Education thérapeutique des patients5 (ETP)

Aujourd’hui des applications permettent déjà de se tenir informé sur la géolocalisation des praticiens, sur l’actualité santé ou sur l’utilisation de nos médicaments, leur posologie et composition6. Les patients de cette génération appelée « digital native » cherchent à savoir et à comprendre. Mais ce ne sont là que les prémices d’un jour nouveau, celui de la m-santé : quoi de plus pratique qu’un médecin près de vous et rien qu’à vous, capable de prévenir et de guérir ? Le courant actuel nous permet d’imaginer une évolution rapide d’autant que les nouveaux modes de vie ont déjà crée une demande latente des patients-consommateurs, avides de savoir thérapeutique.


Santé mobile ou m-santé

Imaginez alors une plateforme mobile en ligne qui propose, en fonction de votre « profil patient », un suivi personnalisé. Pour les personnes en surpoids par exemple, il sera possible d’enregistrer les distances parcourues, ses calories brûlées et son pouls. Pour les personnes âgées, l’hypertension, le diabète ou l’activité cardiaque seront enregistrés pour prévenir tout risque d’AVC. Le tout, partagé en direct avec votre médecin (ou votre pharmacien7) de façon à ce qu’il puisse suivre en temps réel chacun de ses patients. Les avantages sont multiples : des coûts maîtrisés pour les financeurs de santé8, un meilleur suivi et un meilleur dépistage pour une meilleure santé, et pour les professionnels du secteur, un suivi plus efficace pour un gain de temps.

De plus le « personnage social » n’est pas en reste. Le slogan « la santé sociale est ludique » prend toute sa valeur dans le progrès des applications mobiles. Les liens sur Facebook et Twitter optimisent le partage avec les amis, la famille, pour se comparer avec d’autres patients qui le souhaitent et être encouragé par ses proches. Vous pourrez alors suivre à chaque instant votre grand-père se remettre de son accident vasculaire en maison de retraite. Vous pourrez aussi rencontrer les personnes qui ont les mêmes objectifs que vous tout en organisant vos propres entrainements personnalisés !

L’esprit et le corps

Les mobinautes sont désormais acteurs et plus uniquement spectateurs de cette (r)évolution. Parler de telles avancées du système des services de santé n’est plus du domaine de la science fiction, même si des questions essentielles demeurent comme le secret médical, le bon sens des praticiens ou le suivi psychologique des patients9. En effet, bien souvent de nos jours, le médecin soigne plus l’esprit que le corps. Or, ni votre Iphone ni même SIRI ne sauraient pour le moment venir au chevet de vos états d’âme.

Thomas Bauer


Références :

1. Maladies chroniques en France en 2002 : 15 millions de personnes atteintes et 86% des décès selon Le guide marketing communication santé, collection Tasrsus, édition avril 2011, page 32.
2. Source : http://www.themavision.fr/jcms/rw_236358/applications-mobiles-pour-la-sante-des-circuits-de-prescription-qui-vont-bouger
3. Source www.LeFigaro.fr, 20 février 2012 « Le marché de l’automédication croît » (cf : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/02/20/97002-20120220FILWWW00431-marche-de-l-automedication-en-hausse.php)
4. Over The Counter (OTC) = médicament en vente libre, sans ordonnance.
5. Selon le Professeur Bernard Charbonnel, chef de clinique d’endocrinologie au CHU de Nantes « l’ETP est un processus continu dont le but est d’aider les patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique » in Marketing communication santé, édition avril 2011.
6. iMédiGuide, application Iphone (4,99€) ; offre au grand public la possibilité d’accéder aux données de l’ensemble des médicaments à travers une interface simple d’utilisation.
7. Projet « Sympad, pour une meilleure surveillance du patient » (cf : http://www.youtube.com/watch?v=k32GLxk4xZ0).
8. Les financeurs de santé : mutuelles – complémentaires santé – sécurité sociale
9. Source : esante.gouv.fr, interview de Jeanne BOSS, responsable de l’ASIP Santé : « Partager ses données de santé : ne pas se tromper » 16 février 2012 (cf : http://esante.gouv.fr/tribunes/partager-ses-donnees-de-sante-ne-pas-se-tromper).

THEMATIQUES ABORDEES :
Applications mobiles – Education thérapeutique – E-santé – Maladies chroniques – Plateforme web mobile – Prévention – Réseaux sociaux – Santé publique – Télémédecine.

POUR POURSUIVRE LA RÉFLEXION :
• Sur la législation : http://forum.avenir-pharmacie.fr/f12-blog-loi-hpst
• Sur Sympad : http://www.medecin-direct.fr/actualite
• Sur le concept de plate forme mobile santé: https://www.aucoeurdelavc.fr/strokestrike
• Sur les réseaux sociaux et la santé : http://nejib-tougourti.suite101.fr/la-fievre-des-reseaux-sociaux-est-elle-benefique-pour-la-sante–a22071


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