• Print
  • Decrease text size
  • Reset text size
  • Larger text size
15/01/2009

E-paper : l'avenir de la feuille de papier ?

Les nouveaux supports de lecture ne cessent de se multiplier. Après l'ordinateur, les téléphones mobiles, les PDA, c'est au tour du e-paper, que certains considèrent déjà comme le successeur du papier traditionnel, de révolutionner le monde de l'édition.
Le développement de ce nouveau support a été en 2008 à l'origine de multiples expérimentations et de nombreux partenariats entre les constructeurs, les éditeurs, les opérateurs de téléphonie...

Quelle est donc cette technologie qui, alors qu'elle est déjà bien installée sur les marchés asiatiques, commence à s'introduire sur les marchés occidentaux ? Quels sont ses avantages par rapport aux supports existants ? Quel usage en fait-on ?

Le e-paper, entre la feuille de papier et l'écran traditionnel

Le e-paper, également appelé papier électronique ou papiel, est une technique d'affichage sur support souple cherchant à imiter l'apparence d'une feuille imprimée. Ce terme peut aussi désigner le terminal servant à la lecture.
Comme l'explique Philippe Jannet, directeur des éditions électroniques du groupe Les Echos, « le e-paper se positionne entre le papier et le web. Le papier est un support d'un confort incroyable, transportable mais actualisable une fois par jour... Le web s'actualise en permanence, peut éventuellement se promener grâce à un PC portable ou un mobile, mais reste d'un total inconfort quand il s'agit de lire un article un peu long, un document, un livre... Le e-paper bénéficie du confort du papier, se transporte, s'actualise à distance, n'a guère de limites de place (grâce à l'atout des SD cards ou des clés USB). »
Le confort offert par le papier électronique vient du fait que celui-ci ne nécessite pas de rétro-éclairage mais reflète la lumière de la même manière qu'une feuille de papier, ce qui écarte de fait la problématique de la fatigue visuelle engendrée par les écrans classiques. Ajoutons que le papier électronique est un faible consommateur d'énergie puisque l'affichage consomme de l'énergie uniquement lorsqu'une page est tournée.

Les principales applications du e-paper concernent le secteur de l'édition. En effet, en associant mobilité et confort à la lecture électronique il va modifier nos façons de lire et de consommer de l'information.

Un succès encore modéré en France

Actuellement, la commercialisation des e-papers s'intensifie. En 2004, au Japon, le premier lecteur à utiliser une technologie d'affichage par papier électronique, le lecteur Sony Librié, est vendu dans le commerce. En 2007, l'Iliad de la société iRex, une filiale du groupe néerlandais Philips, est le premier e-paper disponible sur le marché français. Depuis octobre 2008, le lecteur e-paper Sony Reader, conçu et vendu par Sony, est en vente en France. Ses ventes n'ont connu qu'un succès modéré en fin d'année (5 000 unités entre octobre et décembre 2008) malgré un partenariat avec la FNAC, son distributeur exclusif pour 6 mois, et un partenariat avec les maisons d'édition Hachette et Albin Michel. Les raisons invoquées : des contenus insuffisants et un prix encore trop élevé. Aux Etats-Unis, en revanche, les ventes se portent beaucoup mieux avec 300 000 Sony Reader vendus depuis 2006 et 240 000 Kindle d'Amazon vendus entre septembre 2007 et août 2008, meilleure vente de Noël d'Amazon.

La lecture e-paper connectée expérimentée par les opérateurs de téléphonie mobile

En 2008, ce fut au tour des opérateurs français Orange et SFR de tenter l'expérience du e-paper en testant chacun un lecteur à affichage e-paper permettant d'accéder à des journaux mobiles en 3G. C'est Orange qui ouvre la voie en avril avec son expérimentation Read&Go devant permettre de valider le concept d'un kiosque à journaux mobile auquel il sera possible d'accéder n'importe où, pour peu que l'on soit sous couverture mobile. Pour ce faire, Orange a établi un partenariat avec cinq journaux français, Le Monde, Le Parisien, Les Echos, L'Equipe et Télérama, s'assurant ainsi d'un contenu collant à l'actualité. L'expérimentation repose sur un lecteur e-paper Read&Go au format A5 à affichage tactile, capable de se connecter par réseau 3G ou en Wifi et offrant une capacité de stockage de 1 Go, ce qui permet d'emporter avec soi l'équivalent de 200 journaux. Le terminal donne aussi accès à une bibliothèque d'une trentaine de titres dans des genres divers. En juillet 2008, SFR annonce un beta-test du même type reposant sur un lecteur e-paper de dimension 188*118*85mm pour 175g doté d'un affichage 6 pouces et d'une autonomie de 10 à15 jours. La connectivité est, quant à elle, assurée en Bluetooth vers un mobile pouvant être relié au réseau 3G de l'opérateur. Grâce à cette connexion, le contenu de l'e-Book SFR, constitué de 6 titres de presse (Le Monde, Le Parisien, Les Echos, L'Equipe, le Figaro et l'AFP) et de 7 maisons d'édition ( Dunod, Flammarion, Hachette, M21 éditions, Plon, Ramsay, Solar ), pourra être rafraîchi.
A ce jour, le modèle économique des opérateurs n'est pas encore arrêté mais il pourrait reposer sur l'achat de l'appareil et sur un abonnement.

Un nouveau support pour la presse

Quant aux journaux, après avoir investi l'Internet, ils réfléchissent à leur déclinaison électronique. En effet, à terme, l'e-paper pourrait devenir un canal de diffusion moins onéreux que la presse papier traditionnelle permettant d'éviter les coûts de gestion des flux physiques (impression, stockage, manutention et distribution, gestion des invendus), remédiant en partie aux problèmes de distribution de la presse en France.
En France, le groupe Les Echos est le premier à proposer une version e-paper du quotidien économique. Depuis septembre 2007, où qu'ils soient dans le monde, les abonnés à cette nouvelle version ont accès à la dernière édition électronique des Echos, actualisée toutes les heures, ainsi qu'à une librairie en ligne contenant près d'un millier d'ouvrages. Le chargement du contenu se fait via un câble USB ou par Wifi. L'ensemble des informations est accessible selon différents critères (secteur, société...) mais aussi en feuilletage page par page, à la manière du journal. Le terminal portatif utilisé est non seulement un support de lecture mais il permet aussi de prendre des notes, d'annoter des documents existants, de les transférer vers un PC ou encore de les échanger. Deux supports sont disponibles : l'Iliad de iRex et un « reader » vendu sous la marque Les Echos conçu avec la société Ganaxa. Pour profiter de ce format électronique, il faudra néanmoins débourser 365 euros pour un abonnement seul, ou entre 600 et 800 euros selon le type de « reader » choisi.
Enfin, notons d'autres utilisations du e-paper en affichage ou dans la téléphonie mobile où l'on commence déjà à concevoir des lecteurs e-paper doublés d'un téléphone ou encore des téléphones portables recouverts de papier électronique, changeant alors l'aspect esthétique et fonctionnel de nos téléphones.

Le papier électronique constitue un véritable enjeu non seulement pour les constructeurs mais aussi pour le secteur de l'édition. En effet, les progrès à réaliser sont encore nombreux tant dans le développement de la technologie que dans les applications qu'on peut en faire. A l'avenir, l'objectif des constructeurs est de pouvoir proposer un support électronique souple, en couleur, à un prix accessible et pouvant accueillir des contenus « rich-media ». Quant aux éditeurs, ils devront trouver un modèle de commercialisation de leurs contenus sur format électronique permettant d'éviter au maximum les difficultés connues par l'industrie de la musique.

Articles complémentaires
1. La presse écrite en crise
Alors qu'une crise mondiale touche sévèrement la presse écrite depuis une dizaine d'années, Internet et les gratuits sont souvent montrés du doigt comme les principaux responsables. La crise financière actuelle perturbe d'autant plus le secteur qu'elle affecte bon nombre d'annonceurs et d'acheteurs : ses deux principales sources de financement...
2. L'accès à Internet à bord des avions de ligne et des trains
Les premières tentatives pour fournir un service à bord des avions ou des trains rencontraient sensiblement le même problème, comment fournir un service de qualité à leur clientèle tout en se déplaçant à très grande vitesse ?
0 commentaire
Poster un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères affichés dans l'image.
Back to Top