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20/10/2015

Itinéraire digital 2015 : Renault

Le digital, allié et challenge d’une industrie en profonde mutation

Un immense losange surplombant un complexe tout aussi impressionnant : le Technocentre du groupe Renault est le moteur vrombissant d’une entreprise en profonde transformation. L’industrie automobile, hier morose, retrouve des couleurs et les promesses de la voiture autonome mettent en vibration l’ensemble des rouages de l’entreprise.

 

Cette expérience Renault a été réalisée suite à l'entretien de Sia Partners avec :

 

Pierrick Cornet, ‎Renault Nissan Alliance Global Director - Innovation and brand incubator chez Renault Group

et

 

Denis Molle, Directeur Informatique Renault Ingénierie

 

Renault en chiffres :  

  • 118 000 salariés dans le monde
  • Plus de 15 000 fournisseurs à travers le monde
  • 580 000 vendus en France, soit 26,6% du marché

Le verbatim :

« Les risques produits, il faut accepter d’en prendre pour avoir des réussites. Et même si ça ne fonctionne pas, ça fait bouger les choses. »

 

Mais qu’impacte donc le digital dans une structure aussi imposante ? Unanimement Pierrick Cornet et Denis Molle invoquent des rythmes en complet chamboulement. Organisé pour des développements produits pluriannuels, le groupe Renault doit aujourd’hui répondre à des exigences clients quasi instantanées en termes de digital : qu’il s’agisse de l’équipement, de la relation client ou du serviciel, le consommateur final impose des cycles de développements bien plus brefs. Soulevant ainsi une réelle problématique de décorrélation des process et de montée en gamme des softwares utilisés.

Le groupe Renault se veut aujourd’hui le garant d’une qualité optimale : en prenant les rênes de l’entreprise en 2006, Carlos Ghosn confirme les priorités stratégiques. Faire partie du top 3 mondial en termes de qualité est aujourd’hui le credo d’une entreprise qui voit dans le digital un challenge à relever dans cette optique qualitative. « L’innovation est synonyme de risques, toujours difficiles à anticiper, parfois pas encore acceptée par le client, mais supportant toujours la rupture ». L’innovation et le digital sont perturbants, car ils changent les rythmes, renforcent le besoin de collaboration étroite entre développeurs informatiques, ingénieurs produits, commerces, services… Et il ne faut pas que ça altère la qualité. »

...

Pour répondre à cette digitalisation du secteur automobile, le groupe Renault peut d’ores et déjà s’appuyer sur une solide culture du partage et un esprit collaboratif. DSI et ingénierie travaillent main dans la main pour maximiser les chances de réussite. Renault est ainsi précurseur dans l’appropriation de nouveaux outils tels que Catia, référence mondiale pour la conception et l’expérience produit.

Fort de cette acculturation interne, le groupe s’est également engagé dans une démarche d’open innovation en se mêlant à l’écosystème de startups. Silicon Valley, Corée du Sud et Inde : Renault baigne ainsi dans un environnement créatif. « On va vers plus de startups parce que force est de constater que le monde automobile traditionnel est moins créatifs. » « C’est une collaboration compliquée parce qu’on ne fonctionne pas de la même manière. Ce sont deux mondes qui sont très différents.

Il faut très attentif avec nos fournisseurs, construire une relation de confiance sur plusieurs années pour un développement durable partagé. Ce qui à ce jour est plus difficile avec des startups au business model pas encore démontré et parfois dépendantes de notre relation» tempère Pierrick Cornet.

...

L’évolution digitale est prégnante au sein du groupe. Les systèmes d’information sont en première ligne de ces évolutions : « On a évolué d’une assistance à la conception vers une assistance qui va jusqu’au contrôle qualité » rapporte Denis Molle. « Maintenant le rendu réaliste de la maquette numérique permet de percevoir des détails et d’appliquer les corrections associées plus en amont dans le cycle de développement. » Plus vite et plus agile : le digital est un catalyseur de l’innovation.

Enjeu très en vogue, le véhicule connecté : « La voiture connectée exige des infrastructures bien plus complexes car on ne s’intéresse plus seulement au véhicule mais aussi à son environnement. » La DSI travaille ainsi à unifier développement produits et élargissement de l’offre servicielle associée. « Le monde de l’automobile est en train de suivre le monde de la téléphonie » souligne Pierrick Cornet.

Enfin, pour répondre à la problématique de temporalité évoquée, le groupe a revu sa politique en termes de développement Software (SW). « Il y a 10 ans, nous ne prenions en charge que la spécification de haut niveau et ensuite chaque fournisseur le codait selon ses standards ; donc chaque upgrade nécessitait de repayer chacun des fournisseurs. » Une époque révolue : « On a imposé nos interfaces, nos variables, on a voulu un SW modulaire. Le SW de base est codé une seule fois et il est hors rythme industriel. » Une refonte architecturale qui a nécessité de nouveaux profils. A la fois experts techniques mais aussi fins connaisseurs de l’industrie. Un obstacle de plus qui rend l’avenir de l’industrie automobile disruptif mais infiniment prometteur.

 
 
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