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05/05/2010

« Je vous prescris un Smartphone : A utiliser pendant 1 semaine : le matin (pour doser le principe actif) et le soir (pour lancer l'application qui m'envoie l'évolution de votre état). »

Cet article a obtenu le troisième prix du Concours étudiant Génération mobilité, organisé par Sia Partners et Orange, en partenariat avec Le Figaro.fr.Qui n'a pas eu du mal à retrouver son carnet de santé avant un rendez-vous médical ! Quel jeune n'a pas eu besoin de s'en remettre à sa mère pour avoir une boussole dans la tempête des remboursements de Sécurité Sociale et de mutuelle !

 

D'après le rapport télésanté remis à la Ministre de la Santé, on peut dire que les Français souhaitent que la gestion de leur santé passe d'une logique de distribution/administration de soins à une logique de bien-être. Les patients rêvent de confort grâce à une gestion électronique de leur dossier médical, à une communication avant et après les actes médicaux entre patients, pharmaciens, Sécurité Sociale et mutuelle pour des remboursements automatiques sans surprise...

Les Smartphones peuvent répondre à ces enjeux car ils gèrent des logiciels lourds. Avec des applications ou des tags (codes) ils communiquent avec d'autres machines. On a atteint un seuil technologique permettant la télésanté pour tous. Les téléphones mobiles classiques sont déjà utilisés en Afrique du Sud pour suivre des malades du SIDA (CellLife). Le téléphone limite le recours à l'hospitalisation en gérant par SMS plus de 4 millions de personnes infectés par le SIDA dans un pays couvert à 90% par le réseau de téléphonie mobile. Une communauté de patients s'est créée pour que les malades partagent leurs quotidiens ce qui maintient un lien social.

La Sécurité Sociale a intérêt à subventionner l'achat des Smartphones car elle réaliserait un retour sur investissement avec la baisse des dépenses. Elle étendrait le suivi à distance à des pathologies plus complexes que le diabète qui est géré à distance par le programme SOPHIA. On pense au suivi de chimiothérapies légères, de maladies cardiovasculaires car les Smartphones peuvent gérer en continu la distribution de médicaments. Des personnes n'auront donc plus besoin de dormir à l'hôpital où la chambre coûte 600€/jour. D'autant plus au moment où les coûts des transports sanitaires ont presque doublé depuis 2002 pour atteindre environ 240 M€ en 2008. Par ailleurs, avec près de 15 millions de seniors en 2010 et des dépenses santé à 10% du PIB, la Sécurité Sociale maintiendrait à domicile des personnes âgées avec des applications détection de chute qui avertiraient les aidants.

Afin d'assurer la sécurité et la crédibilité de ce nouveau système de santé, une instance de régulation regroupant la CNIL et des représentants de professionnels de santé et d'usagers sera créée pour veiller à ce que les Smartphones ne déshumanisent pas la médecine. Des expérimentations ont lieu en ce moment avec le service Connected Emergency Response d'Orange qui est un système informatique permettant l'échange rapide d'information entre les trois principaux acteurs des systèmes d'urgence : l'ambulance, l'hôpital et les coordinateurs locaux. La réactivité est vitale en intervention avec un taux de mortalité qui atteint 50% si les secours n'interviennent pas en 5 minutes. Néanmoins ces essais semblent sous-estimer la force des Smartphones et les potentialités futures liées de ces appareils.

A terme le corps humain pourrait être traité par les médecins comme les voitures le sont par les garagistes. Ces derniers utilisent des balises afin qu'elles réalisent elles-mêmes le diagnostic de la panne. Est-ce qu'en s'appuyant sur le film Matrix, l'homme arrivera à s'implanter des sondes pour assurer l'analyse périodique du sang et des principaux organes pour prévenir et diagnostiquer des maladies, voire administrer des soins ? Les Smartphones seraient là pour se connecter à ses sondes et transmettre l'information aux médecins. On disposerait alors d'une traçabilité parfaite car les Smartphones peuvent en cas de pandémie par géolocalisation regrouper des parcours de personnes infectées afin de trouver où ces personnes ont été infectées. On pourrait aussi savoir quels médicaments et quelles consultations chaque type de Français consomme via un tag sur la boîte de médicament et un lecteur chez le médecin. Un contrôle de gestion diabolique !

Ces projections supposent un engagement si fort de la Sécurité Sociale qui pour soigner au meilleur coût deviendrait un MVNO (opérateur virtuel).

« Ne vous inquiétez pas c'est remboursé à 100% »

 

Sébastien Bonnal / Rouen Business School

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