• Print
  • Decrease text size
  • Reset text size
  • Larger text size
29/04/2010

La métamorphose des villes du 21ème siècle : réseaux et intelligence ambiante au service du développement durable

Cet article a obtenu le deuxième prix du Concours étudiant Génération mobilité, organisé par Sia Partners et Orange, en partenariat avec Le Figaro.fr.

Chaque semaine, la population progresse sur la planète d'un million de citadins. En France, la ville représente 90% du PIB, 80% de la population et 2/3 des gaz à effet de serre. Les flux qui la structurent sont garants d'espaces urbains accessibles, performants et durables. Comment gérer ces flux ?

Quelle nouvelle forme de mobilité va permettre de résoudre la difficile équation d'une offre enrichie couplée à une économie de ressources ?

La Commission européenne chiffre le coût direct des engorgements en centre-ville à 100 milliards d'euros par an, soit 1% du PIB de la zone euro. Elle estime également que la circulation urbaine est à l'origine de 40% du CO émis par le transport routier. L'inflation des déplacements est la sanction d'un étalement urbain mal maîtrisé, qui a multiplié par dix, en quarante ans, l'écartèlement domicile-travail. Les solutions associées s'articulent aujourd'hui entre une réorganisation du transport public, vers une offre massifiée, cadencée et multimodale, et les leviers classiques de régulation par les politiques publiques. Toutefois, le renforcement des infrastructures ne saura suffire. L'offre de transport, qui va en se complexifiant, ne pourra pas indéfiniment accompagner la croissance extensive de nos villes : il faut « savoir sortir du champ de l'offre transport ». Le numérique a ici son rôle à jouer. Grâce aux technologies télécom et à l'omniprésence d'Internet, des réseaux fluides et en mouvement deviennent présents partout, tout le temps et sans rupture. Comment utiliser cette mobilité globale pour contourner les contraintes du déplacement physique ?

Il s'agit d'une part de miser sur une intelligence collective des déplacements : chaque usager peut participer à une auto-régulation des flux. La première étape est de rendre la ville plus lisible.

Chaque individu à la capacité d'être contributeur via ses traces numériques. Enrichies d'algorithmes, ces traces deviennent un service. C'est ce qu'a démontré récemment l'opérateur télécom Orange en s'associant aux Autoroutes du Sud de la France pour faire émerger un projet innovant d'info-trafic en temps réel. A la fois capteur, donnée et exploitant, l'utilisateur génère une empreinte digitale qui, rendue anonyme puis agrégée, permet d'obtenir le pouls de la ville en temps réel. A San Francisco, Sense Networks a su explorer le potentiel des graphes urbains en s'attachant à représenter les points chauds de la ville. Avec son application Citysense, il permet aux « nomades » de mieux cibler les lieux à fréquenter ou à éviter.

D'autre part, une sensibilité active s'est également enclenchée par le biais des réseaux sociaux via les téléphones mobiles. Facebook et Twitter se sont révélés être de puissants relais d'informations sur la circulation des transports publics en cas de perturbations. C'est ce qu'a compris Moviken, avec son application itransports 2.0, en recoupant les informations des transporteurs avec les remontées instantanées des utilisateurs.

En voyant la ville mobile, l'usager a désormais la capacité de soulager les flux : en misant sur un nouvel horaire, en optant pour un report modal, voire en choisissant une alternative au déplacement physique. C'est ici que l'e-substitution intervient.

Pour calmer le jeu des mobilités physiques, il faut également exploiter le potentiel des mobilités numériques substitutives. On pensera au développement du télétravail, qui concerne aujourd'hui 8% des actifs européens, et à la limitation des déplacements « subis ». C'est ce qu'encourage notamment la e-administration : plus de la moitié des français utilisent déjà internet pour consulter et gérer leur compte bancaire.

Le futur des mobilités est désormais l'affaire de tous. Pour une meilleure maitrise d'usage de la ville, il faut miser sur des dynamiques collaboratives : c'est ce qu'encourage l'open-innovation. Les « frottements » interdisciplinaires qui s'opèrent dans les espaces de co-working en font des lieux adéquats pour poursuivre la conquête de l'hypermobilité. Le numérique ouvre de nombreux possibles : que ce soit dans la cogestion des déplacements ou en fournissant une alternative à ceux-ci. Toutefois, il reste encore beaucoup à faire, notamment dans les modes de transports à la demande. Comme l'a démontré le système Vélib', une information libre et efficace permet une meilleure adéquation entre l'offre et la demande. C'est certainement dans la qualité de cette adéquation que tiendra le succès du modèle à venir, tant attendu, de l'autopartage en Ile-de-France.

Cédric BELARDI / HEC

 

Dans son livre vert intitulé Vers une nouvelle culture de la mobilité urbaine, Septembre 2007.

« Le futur des mobilités est numériques », Bruno Marzloff, Ville Rail & Transports, 03/06/2009.

0 commentaire
Poster un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères affichés dans l'image.
Back to Top