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27/10/2008

L'accès à Internet à bord des avions de ligne et des trains

Les premières tentatives pour fournir un service à bord des avions ou des trains rencontraient sensiblement le même problème, comment fournir un service de qualité à leur clientèle tout en se déplaçant à très grande vitesse ? La complexité d'apporter Internet avec une bande passante suffisante à bord de ces moyens de transport ultra rapide exigeait d'innover. En effet, plusieurs contraintes doivent être résolues : d'un point de vue technologique avec des contraintes de place et d'installation à bords des appareils, économique avec des investissements à amortir et des plans tarifaires attractifs à imaginer avec des gammes de services à forte valeur ajoutée.

Surfer, c'est à présent possible à bord de nombreuses rames TGV-Thalys équipées en Wi-Fi. Ainsi, le trajet Paris-Bruxelles est-il entièrement couvert en Internet dans les Thalys équipés de la technologie permettant un accès à Internet à un débit symétrique de 2 Mbit/s. Le système devrait être généralisé à l'ensemble des TGV Thalys pour fin 2008. Gratuit pour les premières classes, l'utilisation est payante pour l'équivalent de la seconde classe avec deux forfaits : un à l'heure pour 6,5€ et un sur toute la durée du trajet à hauteur de 13€. Le règlement se fait soit par carte bancaire, soit en achetant une carte prépayée au Thalys bar. Certaines zones pourtant ne permettent pas de recevoir Internet tels que les gares souterraines et les tunnels non-équipés d'antenne permettant le relais du signal vers le satellite.
 

De son côté, Air France teste sur une liaison international Paris-Varsovie l'utilisation d'antenne relais de téléphonie GSM afin de permettre aux clients équipés de leur propre téléphone d'envoyer et de recevoir des SMS, e-mails voir même de téléphoner à bord et cela en altitude de croisière. À la fin de cette période de test Air France décidera si oui ou non il étendra cette technologie au reste de sa flotte. Ce système est sensiblement différent de celui proposé par les compagnies américaines. En effet le système lancé par Air France ne permet pas de surfer sur le net mais uniquement d'utiliser le lien data des téléphone mobile.

Aux Etats-Unis les appels depuis les téléphones satellitaires embarqués existent déjà (à partir de $5 la communication). Boeing avait la volonté d'aller encore plus loin afin de fournir l'Internet à bord des avions mais l'entreprise n'a pas su persuader les compagnies aériennes. Les premiers tests effectués par Boeing mettaient en évidence la difficulté technologique rendant en effet la bande passante moins stable et les personnes l'ayant testées le comparaient à l'Internet bas débit. Cependant, une nouvelle solution plus mature a fait son apparition sur le marché américain permettant de fournir un meilleur accès aux utilisateurs. Le système fonctionne sur le même principe que la couverture des opérateurs mobiles à l'inverse que les antennes à terre sont orientées vers le ciel. Deux antennes situées à l'extérieur de l'avion permettent de recevoir et de renvoyer le signal vers le sol. La première grille tarifaire traduit bien la volonté de monétiser l'utilisation de l'Internet y compris pour la classe affaire. L'accès à Internet se fait une fois dans les airs à partir d'une altitude de croisière de 3000 mètres. Pour l'utilisateur le système appelé « Gogo » fournit par la société américaine Aircell permet un accès Wi-Fi à hauteur de $9,95 pour un vol de moins de trois heures et $12,95 pour des vols au delà de trois heures. En tout trois compagnies aériennes vont l'utiliser dont American Airlines, Delta Airlines et Virgin Atlantic dont l'un des avantages convaincant pour celle-ci est que le système ne pèse qu'une trentaine de kilos et peut s'installer sur les appareils pendant la période d'immobilisation au sol des avions généralement durant la nuit.

 

Un véritable moyen donc pour les compagnies aériennes de générer des revenus additionnels en revanche les investissements initiaux représentent quelques 100.000$ par avion selon le PDG de l'entreprise Aircell. Selon nos projections, Delta Airlines amortirait son investissement en moins d'un an de fonctionnement sur la base des avions équipés dans la configuration et la fréquentation actuelle. Dans ces conditions, on comprend mieux l'annonce de Delta Airlines qui a choisi de généraliser l'Internet à bord de tout ses avions de type Boeing 767-200 pour ses vols domestique. Aircell prévoit d'utiliser la technologie LTE en tant que réseau 4G pour fin 2011. Nous notons également que la compagnie américaine low-cost Southwest Airlines recherche elle aussi une possibilité pour ses clients de surfer en Wi-Fi, toujours aussi intéressés par des services supplémentaires à facturer à leur client. Etrange tournant pris aux Etats-Unis de fournir l'Internet à bord des avions alors que l'autorité américaine FCC n'a toujours pas donné le feu vert pour les communications via mobile à bord des avions suspectant des risques potentiels liés au terrorisme.

L'interrogation subsiste pour savoir quelles sont les personnes disposées à payer un service Internet dans les trains et les avions pour rester connecté. Selon une étude américaine 2/3 de la clientèle affaire se déplace avec un ordinateur portable ainsi qu'1/3 de clientèle loisir. Même si le train permet d'utiliser des clés 3G+ afin de surfer, de nombreux problèmes subsistent à grande vitesse. L'avion était le seul transport qui ne permettait pas jusque là d'accéder à Internet. Le parcours client est similaire à l'utilisation d'un réseau Wi-Fi public payant. En tout état de cause, la course est bien lancée et la compétition entre le train et l'avion se durcit. Ce servie d'accès Internet est un des services du futur incontournable pour les spécialistes du transport qui seront en mesure de fournir un maximum de service avec une qualité à la hauteur des exigences de leur clientèle en mobilité. L'Internet et les usages mobiles à bord seront-ils des avantages compétitifs décisifs dans la guerre qui oppose l'aviation au ferroviaire ?

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