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08/06/2010

Le m-learning : du cahier à l'écran

Cet article a obtenu le septième prix du Concours étudiant Génération mobilité, organisé par Sia Partners et Orange, en partenariat avec Le Figaro.fr.

Le m-learning est l'utilisation de la technologie portable et des réseaux sans fils pour faciliter et développer l'éducation. Le « mobile learning », ou « apprentissage mobile », a sa place dans les salles de classe, sur les lieux de travail mais aussi chez soi ou dans des sites isolés.

Les terminaux mobiles utilisés sont des téléphones portables, des smartphones, des PDA, des lecteurs mp3, des netbooks, etc. Hier, on écoutait des cassettes audio pour apprendre l'Anglais sur un walkman. Aujourd'hui, on peut télécharger un podcast du Collège de France directement sur un iPod ou un business case d'Harvard sur un Kindle. Le m-learning nécessite donc des réseaux performants pour télécharger et échanger des informations ou pour travailler directement en ligne sur Internet, sur un réseau de téléphonie mobile ou sur un autre réseau local.

Le m-learning, et plus largement le e-learning (apprentissage électronique), font partie de la dynamique actuelle des technologies de l'information et de la communication pour l'éducation (TICE).

Or, depuis quelques années déjà, la proportion d'humains ayant accès au téléphone portable est supérieure à celle ayant accès à la télévision ou à un ordinateur connecté à Internet. En 2010 on compte plus de 4 milliards de téléphones portables dans le monde avec un taux d'équipement par pays dépassant parfois les 100%. L'évolution du e-learning a logiquement suivi celle des réseaux et des nouveaux moyens de communication : la mobilité.

Le m-learning est un projet à vocation universelle puisqu'il profite de l'explosion des moyens de télécommunication portables, en particulier dans les pays en développement. Par exemple, depuis plus de 5 ans, l'initiative MILLEE constitue l'une des réalisations les plus symboliques du m-learning. Il s'agit d'un projet initié par 3 professeurs de Berkeley qui pensent que l'école « classique » n'a que peu d'impacts sur les enfants en âge d'être scolarisés dans les pays en voie de développement à cause de professeurs peu formés, du travail infantile ou de l'éloignement géographique par rapport à leur école. MILLEE a saisi l'opportunité du développement de l'équipement en téléphone portable dans les pays pauvres pour proposer des jeux éducatifs sur mobile. Ainsi, les responsables du programme, soutenus récemment par Nokia, ont pu distribuer 450 téléphones à des enfants d'une vingtaine de villages de la région d'Uttar Pradesh en Inde pour mener à bien leur projet et mesurer leurs progrès scolaires durant une année entière. MILLEE se développe aujourd'hui en Chine, au Kenya et dans d'autres pays où les enfants vont peu à l'école et où le mobile est fortement présent.

Cependant aujourd'hui le marché du m-learning n'est pas principalement destiné à l'accession à l'éducation dans les zones isolées mais se situe plutôt dans les pays développés notamment dans le milieu de l'enseignement supérieur. Par exemple, depuis quelques mois, HEC imite ses prestigieux concurrents internationaux en mettant en ligne des podcasts de cours. La Commission Européenne a compris l'enjeu puisqu'elle a créé le programme MOBIlearn pour promouvoir le m-learning en Europe. Par ailleurs, au Royaume-Uni, de nombreuses initiatives, soutenues par des universités ou des organismes gouvernementaux, promeuvent le recours au m-learning pour les adolescents en difficulté scolaire, pour les mineures qui tombent enceintes ou encore pour les sans abris de moins de 25 ans.

Nous ne sommes encore qu'aux balbutiements du m-learning. La qualité graphique et la taille d'écran des téléphones mobiles constituent des limites techniques à son développement et les exercices interactifs sont dépendants des caractéristiques techniques des téléphones et du réseau. En outre, malgré l'omniprésence des réseaux mobiles et du téléphone portable dans le monde, la faible proportion de smartphones et de réseaux mobiles à haut débit dans les pays en développement ne permet pas de profiter des facilités et des faibles coûts de développement d'applications (pour l'iPhone, par exemple). Cependant, avec le développement de la 3G et des smartphones dans le monde, les perspectives envisagées par les parties prenantes du secteur sont excellentes. Des tablets PC avec des espaces mémoires importants reliées par un réseau 3G permettraient d'afficher plus d'illustrations (pour les analphabètes) ou de textes dans une meilleure qualité et de saisir des réponses plus longues et plus complètes qu'un simple SMS.

Il n'existe pas encore de standards ou de normes qui permettraient un développement du m-learning à grande échelle. Mais tout pourrait changer avec la prise en main d'un acteur de premier plan du secteur des télécoms comme un opérateur, un constructeur de terminaux ou encore un fournisseur de contenu.

Olivier COROS / EM Lyon Business School

Illustration : Taux d'équipement en télécommunications pour 100 habitantschart-olivier-coros

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